Méthodes de calcul des Implants de Cataracte
Maud Lachaux et Lucas Szwarcberg
Calcul de la puissance d’implant dans la chirurgie de la cataracte
La chirurgie de la cataracte est la chirurgie la plus fréquente en France et représentait 830 000 interventions en 2017. L'objectif de cette chirurgie est de remplacer le cristallin cataracté par un implant qui correspond à une lentille synthétique et transparente. Actuellement, la chirurgie de la cataracte vise à atteindre le meilleur niveau de précision optique possible. Ainsi, la notion de chirurgie « réfractive de la cataracte » voit le jour. Cet objectif réfractif est obtenu grâce au calcul de la puissance de l’implant.
Ce résumé a pour but d’introduire le principe de calcul de puissance d’implant.
Le calcul de la puissance de l’implant
S’exprime en dioptre
Vise à faire converger la lumière vers la rétine
Dans un milieu aqueux dont l’indice de réfraction est proche de 1,33
La puissance calculée de l’implant dépend de
La puissance de la cornée
La longueur axiale
La position effective de l’implant
La position effective de l’implant
Ne peut pas être calculée en pré opératoire
Position occupée par l’implant en post opératoire
Est le fruit d’une extrapolation
De cette position dépend la puissance calculée de l’implant. Plus l’implant est loin de la cornée, moins la puissance effective du couple réfractif cornée + cristallin est importante.
Position de l’implant et résultat réfractif
Si l’implant est situé plus en avant que prévu une myopie est observée, a contrario si l’implant est situé plus en arrière une hypermétropie est observée. En cas d’implantation dans le sulcus il est ainsi important d’adapter la puissance de l’implant et de prévoir un implant moins puissant.
Les formules modernes de calcul biométrique diffèrent principalement dans la manière dont « elles prédisent » la position effective de l’implant.
De la formule de vergence aux formules de dernière génération :
La formule de vergence est la mère des formules modernes. Elle est fondée sur un modèle optique dans lequel la cornée et l’implant sont considérés comme un couple de lentilles minces convergentes.
Les formules de 1ère génération sont fondées sur un modèle purement mathématique. Elles combinent un modèle d’œil simplifié et la formule de vergence. Elles établissent de manière arbitraire la position effective de l’implant.
Les formules de régression sont purement statistiques. Elles découlent d’un modèle de cohorte et visent à établir une équation qui exprime la puissance de l’implant à partir de données explicatives. Comme par exemple la formule SRK : P = A-2,5L-0,9K
Les formules de 3ème génération peuvent être divisées en 2 groupes. Celles qui cherchent à prédire la position effective de l’implant à partir des données de la kératométrie telles que Holladay, SRK T, Hoffer Q. Et celles dites de nouvelle génération qui veulent s’affranchir de la kératométrie telles que Olsen, Haigis, Holladay II, Barrett II. Les formules de dernière génération se servent du Big data et de l’intelligence artificielle.
La précision réfractive des formules de nouvelle génération à l’aide d’une biométrie parfaitement réalisée est de ± 0,50D dans 70% des cas.
Les erreurs viennent principalement des erreurs de mesure, du choix de la formule et de la position effective de l’implant.
Il est important pour le clinicien de savoir reconnaître les cas dits atypiques pour lesquels la précision des formules de calculs est moindre quand elle n’est pas adaptée à ces cas particuliers notamment pour les yeux longs > 26mm, yeux courts < 22mm, yeux opérés de chirurgie réfractive.