Chirurgie réfractive et sécheresse oculaire
La chirurgie réfractive est aujourd’hui une technique sûre et fiable. Chaque année, environ 200 000 chirurgies sont pratiquées en France, et les complications restent exceptionnelles. Cependant, la sécheresse oculaire, souvent négligée, est une conséquence fréquente et parfois pourvoyeuse de gêne oculaire importante.
La sécheresse oculaire, c’est quoi ?
Selon la définition du DEWS II (Dry Eye Workshop, 2017), la sécheresse oculaire est définie comme une anomalie des larmes et de la surface oculaire qui se traduit par des symptômes de gêne, de perturbation visuelle, d’instabilité du film lacrymal pouvant mener à de potentielles lésions de la surface oculaire. Elle s’accompagne d’une augmentation de l’osmolarité du film lacrymal et d’une inflammation de la surface oculaire.
Les symptômes sont très variables selon le degré de sécheresse, de l’inconfort avec une sensation de grain de sable à la kératite entrainant une gêne visuelle.
Ces symptômes peuvent être majorés dans certaines situations, par exemple dans une pièce ventilée ou climatisée, devant les écrans en raison de la diminution de la fréquence de clignements, ou lors de la prise de certains traitements (rétinoïdes par exemple).
Plusieurs traitements sont disponibles. Les substituts lacrymaux, ou larmes artificielles, sont le traitement de première ligne et sont souvent suffisants. Il est également possible d’avoir recours à des collyres anti-inflammatoires ou de bénéficier de la pose de bouchons méatiques afin de limiter l’écoulement des larmes.
Puis-je bénéficier d’une chirurgie réfractive si j’ai les yeux secs ?
Beaucoup de patients ressentent des symptômes de sécheresse oculaire, souvent en fin de journée et attribués à une fatigue visuelle. L’évolution de notre mode de vie, avec un temps conséquent passé devant les écrans, la pollution et le port du masque sont autant de paramètres qui majorent ces symptômes.
De plus, l’intolérance au port de lentilles est un motif de consultation fréquent en chirurgie réfractive. Il faut savoir que cette intolérance est souvent liée à une sécheresse plus ou moins marquée induite par le port des lentilles. Dans ce cas, il faudra évaluer le risque d’accentuer cette sécheresse par une chirurgie, mais également le bénéfice de ne plus porter de lentilles, ces dernières pouvant entrainer des complications importantes (hypoxie, kératite, abcès de cornée).
Le rôle de votre chirurgien est de s’assurer que la surface oculaire est saine, que vous n’êtes pas à risque de développer une sécheresse oculaire importante en post opératoire et de choisir la technique opératoire la plus adaptée à votre cas. La technique du LASIK, qui nécessite la découpe d’un capot, serait plus pourvoyeuse de sécheresse que la technique de la PKR.
Par conséquent, des symptômes de sécheresse oculaire sont habituels en post-opératoire, nécessitant l’instillation régulière de larmes artificielles afin de lubrifier la surface oculaire qui a été déstabilisée par la chirurgie. Ces symptômes régressent généralement au cours des 6 premiers mois.
Comment éviter les symptômes de sécheresse après mon opération ?
Votre chirurgien vous remet systématiquement une ordonnance post opératoire qui comprend des collyres anti inflammatoires, antibiotiques mais également des substituts lacrymaux. Ces derniers sont essentiels pour favoriser la cicatrisation de la cornée, diminuer la gêne, et permettre une récupération rapide. Votre chirurgien réévaluera votre état cornéen lors des consultations de contrôle et pourra prolonger les larmes artificielles si nécessaire.